Une rentrée littéraire à contre-courant

La Meuse, Paul Rebeyrolle © Gérard Rondeau

« On n’a pas écrit tant qu’on n’a pas écrit seulement pour écrire. Je veux dire que si on écrit pour l’argent, pour la notoriété, pour militer, pour se guérir de nos maux, on n’écrit pas vraiment. On pratique l’écriture. On l’utilise. On l’exploite. Pour écrire, ce que j’appelle écrire, il faut s’être détaché de tout le reste, avoir atteint une sorte d’état de veille perpétuelle, de vigilance absolue, de spiritualité de l’écriture et alors l’écrivain rejoint le saint, le sportif, le poète, les conquérants de l’inutile et sa joie n’est entachée d’aucune arrière-pensée. »

Récit

Collection sable
26 août 2026
13,8 x 20,5 cm
208 pages
20 €
ISBN : 9782488632119

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Diffusion Actes Sud

Bien que né le 7 octobre 1949 aux Andelys, c’est en Ardenne que Franz Bartelt a trouvé ses lieux de vie, de premiers labeurs salariés, puis d’écriture. Auteur rigoureusement inclassable, résolument atypique et magistralement prolifique, il a publié des romans (policiers ou non), des nouvelles, des chroniques, des poèmes, du théâtre et d’époustouflants almanachs.

© Myona Rimoldi Guichaoua

MÉDIAS

Jeudi 17 septembre 2026 / Le Figaro littéraire / Sébastien Lapaque

Franz Bartelt : leçons de chose dans l’atelier du maître

L’auteur d’Écrire, publié à contre-courant en pleine rentrée littéraire, nous invite à comprendre qu’il n’a jamais prétendu être allumé par une étincelle sacrée. Alternativement romancier, nouvelliste, chro­niqueur et dramaturge, c’est un poietes, comme on dit en grec ancien, un artisan, un ouvrier de la langue qui ajuste des mots comme le menuisier assemble le menu bois. En refusant d’asservir le texte à une fonction étrangère, qu’elle soit militante, thérapeutique ou marchande, l’auteur du Jardin du bossu (2004) et de Chaos de ­famille (2006), deux romans parus dans la « Série noire », n’oublie pas que l’art ne s’intéresse pas au salut de l’écrivain, mais à la perfection de l’œuvre. Ce qui restitue toute sa noblesse. Écrire n’est pas exploiter le langage comme on viderait un filon d’or, c’est accomplir le geste manuel suprême qui transforme la matière brute du vocabulaire en chant accompli.