
« Dès la fin du Mycénien, la légende courut d’une île mystérieuse sur les rives de laquelle les marins périssaient attirés par le chant des oiseaux. On racontait que les navigateurs qui passaient le long de ces côtes se faisaient emplir les oreilles de cire pour ne pas être déroutés et mourir.
Même Orphée le Musicien ne voulut rien entendre de ce chant continu.
Ulysse le premier souhaita l’entendre. Il prit la précaution de se faire attacher les pieds, les mains, au mât de son navire.
Seul Boutès sauta. »
Nouvelle édition
Collection sable
13 mai 2026
13,8 x 20,5 cm
128 pages
17 €
ISBN : 9782488632065
+ version numérique
Diffusion Actes Sud
Il a été tiré de l’édition originale de Boutès soixante-dix-sept exemplaires sur papier Tintoretto crème de Fedrigoni à Vérone et Alizé or des papeteries de Vizille plus sept exemplaires hors commerce marqués de H.C. I à VII.
Pour réserver votre tirage de tête signé par l’auteur, contactez-nous.
14,3 x 21,5 cm, broché, cousu, non rogné, sous jaquette cristal.
220 € (+ frais d’envoi)
Né le 23 avril 1948 à Verneuil-sur-Avre, Pascal Quignard vit entre Paris et Sens. Il est l’auteur des Petits traités et du Dernier royaume ainsi que de nombreux romans dont Le Salon du Wurtemberg, Tous les matins du monde, Terrasse à Rome, Villa Amalia, Les Solidarités mystérieuses, Les Larmes, L’Amour la mer, Trésor caché, Il n’y a pas de place pour la mort.
RELATIONS PRESSE
AGENDA 2026
13 mai / Paris / 19h
Librairie Delamain
23 mai / Carpentras / 18h
Librairie de l’Horloge
24 mai / Banon / 11h
Librairie Le Bleuet
3 juin / Mulhouse / 19h15
Librairie Bisey
10 juin / Aix-en-Provence / 18h
Librairie Goulard
DROITS ÉTRANGERS
Pour les demandes de traductions des livres de Pascal Quignard aux Éditions Hardies (ainsi que pour les droits de la vingtaine de titres parus entre 2005 et 2020 aux Éditions Galilée) contactez-nous.
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RELATIONS PRESSE
MÉDIAS
Samedi 16 mai 2026 / Atlantico / Annick Geille
Pascal Quignard ou « la part de Dieu »
Boutès, toujours aux éditions Hardies, un texte bouleversant sur la manière de penser la musique : écrivain et musicien, Pascal Quignard a publié de nombreux ouvrages (essais, traités, romans) sur la musique. Ce « Boutès 2026 » me semble le meilleur d’entre eux. Il nous invite à revoir le mythe de Boutès, qui, dans l’antiquité greco-romaine plongea en pleine mer par amour fou de la musique, afin de la rejoindre au risque d’en mourir, pour l’entendre toujours en l’écoutant mieux ; tous les humains de son entourage se protégeaient par tous les moyens pour éviter ce plongeon à l’issue fatale.
Juin 2026 / Le Matricule des anges / Richard Blin
Entre sublime et tragique, la musique est naufrage
Pascal Quignard voit dans le plongeon de Boutès le désir de rejoindre le royaume qui nous précède, ce qu’il appelle le premier monde, cette origine qui nous hante, ce temps de la vie anténatale, de la vie fœtale maritime et aphone. Ce faisant, Boutès répond à un appel impérieux plus ancien que celui qu’adresse la voix. Comme si le chant des Sirènes avait empli son âme d’un désir d’approcher à l’état pur, de rejoindre ce qui fait retour de ce monde qui nous précède sans que ce retour soit possible. (…) Il rejoint – quitte à se perdre lui-même, et à l’image du plongeur de Paestum se jetant dans l’eau de l’autre monde – le perdu dont la musique porte la trace.
24 juin 2026 / Charlie Hebdo / Yannick Haenel
Un merveilleux petit livre d’intelligence et de poésie
Qu’est-ce qui nous attire quand nous sommes attirés ? demande Quignard. Son livre, qui est un traité sur ce qu’il y a de plus inconnu en nous, va plus loin que toute psychanalyse : il interroge, à travers sa navigation de phrases – car lui-même est une sorte de navire Argo –, l’arrivée en nous de l’imprudence qui se lève comme un absolu irraisonnable, mais aussi la danse (Le désir de se lever de façon irrépressible, écrit Quignard), la nostalgie pour les sons de l’étreinte, et quelque chose d’encore plus incontrôlable qui est l’appel de la sauvagerie. (…) Qui êtes-vous ? Y a-t-il un peu de Boutès en vous ? Êtes-vous l’un de ces rameurs qui disciplinent leur désir ou celui qui rompt le travail, se dresse et se jette à l’eau ? Préférez-vous être lié, quitte à ne pas vivre, ou délié, quitte à en mourir ?
26 juin 2026 / Contrepoints / Brigitte Clavel
Boutès serait-il la suite de Il n’y a pas de place pour la mort ?
Dans son dernier recueil, Pascal Quignard, comme Boutès, plonge sans hésitation dans le monde de la musique, tentation qui est au-dessus de nos forces. Le chant des Sirènes n’est autre que l’incarnation mythique de la Beauté. C’est pourquoi Ulysse, le clairvoyant, se fait ficeler à la proue de son bateau pour les écouter sans crainte d’être emporté ; Orphée, joueur de cithare, parvient à leur répondre par un contre-chant ; mais Boutès, l’Argonaute dissident, préfère sauter à l’eau pour les rejoindre. C’est l’attrait inhérent de l’homme pour l’absolu que met ici Pascal Quignard en exergue. Lui-même n’a-t-il pas toujours été happé par la poésie et la musique ?
15 juillet 2026 / L’intervalle / Fabien Ribery
Quitter le navire, par Pascal Quignard
Avec Boutès, Pascal Quignard se livre à une méditation très belle sur ce qui appelle en nous, ce qui nous convoque très intimement, un chant perdu à jamais mais dont on perçoit encore, quelquefois, les vibrations, par exemple dans une composition de Schubert, ou les pleurs d’une nymphe, ou nos propres sanglots.
Pascal Quignard aux Éditions Hardies doit tout à la magie de Tous les matins du monde. Et au peintre du XVIIe siècle, Baugin.
Première rencontre épistolaire au début du nouveau millénaire, puis pour de vrai sur un banc des Buttes-Chaumont, un froid et lumineux jeudi de janvier. Parce que je rêvais de voir l’écriture fine sur feuilles volantes du manuscrit, qu’il a peut-être brûlé depuis. L’offrande d’une gaufrette enroulée faite au fantôme d’une femme m’obsédait tant que j’avais décidé de consacrer, étudiante en Sorbonne et à l’école du Louvre, un mémoire au tableau, au roman autant qu’au film d’Alain Corneau et à la viole de gambe à sept cordes de Monsieur de Sainte Colombe.
1991, l’année en miroir de Tous les matins du monde, fut longtemps le sésame de tous mes codes secrets à quatre chiffres. Près de vingt ans passèrent. Un dîner en tête-à-tête au Pyrénéen, derniers clients avant minuit de la brasserie aux damiers en carrelage, verrière et moleskine, décida du nom des Éditions Hardies et de l’aventure littéraire en partage à venir. Je me souviens des frites maison et du vin rouge. Et de notre exaltation à inventer au pied levé une nouvelle maison d’édition. C’était à Toulouse, ma ville natale, le 2 mai 2023, au sortir d’une célébration, avec Jordi Savall et le Concert des Nations, de Tous les matins du monde.
Sophie Nauleau